Différence entre Luxe et Haut de Gamme
Le Conseil économique et social a réalisé une étude sur le luxe.
Ce document avait comme ambition de cerner la réalité économique d’une « filière » dont les constituants étaient, paressence, hétérogènes. Cependant, les productions et services participant du secteur possèdent tous une ou des caractéristiques communes qui les distinguent par exemple, des produits ou services dits de « haut de gamme », même si la
distinction s’avère parfois difficile à opérer.
Depuis une décennie, le paysage du luxe a évolué. Une nouvelle géographie s’est imposée. Il a semblé intéressant de visiter de nouveau cet univers, aux contours, certes, variés qui allie production de biens et services dont la marque distinctive est d’approcher la perfection, d’allier créativité et tradition et qui repose sur la qualité du travail de nombreux professionnels.
A - DES CARACTÈRES PROPRES AU LUXE
Le luxe ne se définit pas aisément, ce qui en rend difficile la délimitation.
Chaque observateur, au travers le temps, pourrait-on dire, chaque professionnel a donné sa définition du luxe.
Tout un chacun peut le faire également. C’est dire si ce concept comporte sa part de subjectivité : celle du producteur comme celle du client ; après tout, pour certains, le comble du luxe est simplement synonyme de disposer de son temps, pour d’autres d’acheter un produit rare, distingué ou élégant et la liste est illimitée.
1. Un ensemble qui se définit par lui-même autant qu’il est défini...
L’étude du Conseil économique et social concluait donc à la difficulté de définir de manière précise le périmètre d’une filière multiforme.
Celui-ci est déterminé par l’image que s’en fait la clientèle des habitués, celle qui y accède occasionnellement, et celle de la clientèle potentielle autant que par une sorte de cooptation de fait. De manière symptomatique, certaines spécialités sont, d’emblée et spontanément, considérées comme participant du luxe.
Elles constituent alors le « cœur » du secteur ou de la filière. D’autres n’y entrent que de manière sollicitée, voire n’y entrent pas du tout.
Si la délimitation économique du luxe est difficile à appréhender, la réglementation administrative autorise une certaine approche du secteur.
En effet, ces professions faisaient et font toujours l’objet d’une stricte réglementation qui tend à les distinguer des autres segments de la même activité.
Ainsi, un décret du 29 janvier 1945, portant création de l’office professionnel des industries et métiers d’art et de création, dressait une liste de dix-sept activités « spécifiquement concernées », allant de la création de mode à l’édition musicale, en passant par la bijouterie, la joaillerie... ce qui permet une première approche de la filière.
Presque toutes les professions ont fait l’objet d’autres textes apportant quelques précisions d’ordre technique, comme l’arrêté du 7 avril 1945 définissant la haute couture et le prêt à porter de luxe.
Dans le domaine des services, un exemple, bien connu, est celui du classement hôtelier qui existe depuis 1937.
Régulièrement mis à jour, ces textes classent les hôtels selon le fameux système des étoiles ; système dont l’obsolescence apparaît tous les jours plus patent, d’autant que les palaces français - les « 4 étoiles luxe » - entrent en concurrence avec leurs homologues étrangers, lesquels bénéficient d’une classification beaucoup moins restrictive,auprès d’une seule et même clientèle.
Poursuivant sa quête d’une définition du secteur, le Conseil économique etsocial remarquait qu’un signe distinctif du segment résidait dans la spécificité de la production et de l’organisation autour de « l’image de marque », celle-ci constituant finalement le bien le plus précieux des marques.
Le « marketing-mix » d’une marque de luxe, comparé à celui d’un produit dit de « haut de gamme », tel que présenté par Mme Éliette Roux et restitué dans le tableau ci-après, reste évidemment pour partie d’actualité à la réserve près de la production pour laquelle la différence opérée, en 1991, entre le « luxe » et le « haut de gamme » tend de nos jours à s’estomper.
Tableau : Marketing-mix d’une marque de luxe
comparé à celui d’une marque de haut de gamme

(source Conseil économique et social)